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Jour 18


Vous vous êtes levé de nouveau plutôt tard. Toujours à l'école. Vous mangez bien comme d'habitude, mais ce soir vous prenez un Biryani avec les autres français de l'école.


Vous avez eu un cours, avec des CP et CE1. Ou plutôt, une heure de club de français : sur certaines heures de cours, les élèves vont dans le club de leur choix. C'est une heure plutôt récréative. Pas vraiment faite pour apprendre le français, on dirait. Un seul élève semble vraiment intéressé pour avoir un cours ; un autre, le chef de la classe visiblement, veut avec un beaucoup trop d'insistance jouer au Uno. À lui seul, il a fait de ce jeu un phénomène, et vous demande à jouer à chaque fois qu'il vous voit, ramenant plein de camarades, qui ne savent pas forcément jouer au Uno. Et ça finit toujours avec des personnes froissées : non pas parce qu'elles ont perdu, comme une partie est rarement finie avec les +5 acharnés que chacun envoie à son suivant, mais parce que les règles semblent complètement malléables : certains ont la manie de jouer quand ce n'est pas leur tour, certains mettent toujours un 4 vert sur un 7 jaune, d'autres se débarrassent de plusieurs cartes en un tour sans raison ou s'en vont simplement, pendant que des derniers joingnent la partie en cours. Un Uno compétitif, quoi. Les six autres font autre chose dans leur tête et suivent le mouvement avec leur corps ; ils parlent peu anglais, en majorité, ou alors lentement : pendant qu'un essait de vous dire quelque chose, il doit faire face aux bruit de discussions alentours, des autres élèves qui vous interpellent, pssent entre vous deux ou vous tirent par le pantalon. Vous y jouer habituellement dans l'internat le soir avec le chef, d'autres élèves plus agés et un autre français, mais cette fois, après un récapitulatif agité de ce qui a été appris en français, vous y jouez dans le club, dans leur salle de cours donc, et essayez de les forcer à dire les numéros en français, sans vraiment de succès. C'est un peu une demi-heure de pause, pour eux. Les caméras présentes dans chaque salle, côté classe comme côté administration et professeurs, créent une dissonance avec le ridicule de votre cours, et plus généralement avec l'informel très peu formel de plein de cours et de la vie sur le campus. Leur professeur était d'ailleurs avec vous au début du cours, vous aidant à les encadrer, puis s'est éclipsé après quelques rires légers de bonne humeur.


En dehors de ce cours, vous avez bien avancé dans plusieurs choses. Vous avez fait des maths, comme commencé la veille, et fini le chapitre des fondamentaux, que vous réviserez demain par les exercices ; fondamentaux, pour le reste de ce livre. Comme pas souvent, vous êtes allé à la salle. Du moins, vous avez essayé : c'est le seul jour où elle est fermée, encore une fois vous vous êtes fait avoir. Vous vous êtes un peu dépensé en courant sur le trajet de la salle et sur le retour, où vous avez fait une escale au lounge, pour jouer aux échecs avec l'une des personnes qui s'occupe de ce lieu. L'autre personne que celle avec qui vous avez joué hier. Elle aussi est novice, mais comme elle le dit elle-même, c'est aussi un jeu agréable pour le perdant, car il a de quoi apprendre. Elle est très agréable. L'écrasante majorité des gens avec qui vous parlez sont agréables : souriants, de bonne humeur, certains facilement rieurs (et/ou joueurs, pour les plus petits) ; qu'ils discutent avec vous ou qu'ils soient simplement présents, ça améliore votre humeur, et votre bien-être. Vous espérez transmettre aussi du bon. D'ailleurs, il fait toujours chaud dans cette salle, les vitres accroissent le ressenti qu'on a du soleil. Deuxième escale au retour, juste avant l'arrivée, petits exercices conseillé par le professeur de yoga pour vous asseoir en tailleur. Un petit échauffement des chevilles, puis des squats (flexions sur jambes), en gros. La douche chaude qui suit vous fait du bien, et vous vous sentirez frais comme un gardon pour le reste de la journée. Vous savez aussi qu'au réveil demain, vous aurez perdu cette fraîcheur.


Vous avez toujours du mal à apprendre les prénoms : vous n'alimentez pas la liste de prénoms (car vous l'avez oubliée) qui n'attend que votre rigueur pour être remplie, et vous permettre de tous les réviser de temps en temps pour ne pas perdre le fil. Vous retenez les prénoms des personnes que vous vous concentrez à apprendre ; ce qui n'est pas vraiment dur, car vous les reverrez d'un jour à l'autre et pourrez réviser à chaque fois que vous les voyez, mais demande quand même une unité d'effort au moment du premier échange. Vous pensez que vous aimez apprendre les prénoms des gens.


À 18h, vous allez en prep class (étude du soir surveillée). En fait, c'est à 18h30 ; en attandant donc, vous mettez en place une clé USB qui lance votre système, pour pouvoir imprimer en l'absence de la personne qui a accès à l'imprimante, via son ordinateur. En prep class, vous sortez votre cahier (quelqu'un d'autre surveille déjà dans chaque salle), apporté pour continuer la préparation du/des cours d'anglais que vous dispenserez au prof de yoga. Mais celui-ci, aussi dans la salle, ne vous laisse même pas le temps d'écrire qu'ils s'approche, interrogatif, et regarde vos pages. Il passe vite sur celle du cours pour lui, vers la page den face, celle où vous apprenez l'Hindi. Vous discutez succintement. Puis un élève se rend compte à son tour que vous apprenez l'Hindi et est surpris. La surveillante avec qui il se chamaille toutes les deux minutes, dans la bonne humeur et parce que les exercices sont inintéressants, s'y intéresse à son tour. Vous discutez et le fil des sujets vous plaît, bien qu'interrompu régulièrement par quelqu'un pas peu concentré sur ses devoirs. À la sortie, deux élèves vous font part de leur motivation pour apprendre le français en dehors des heures de cours, pendant le temps de l'étude du soir ou juste avant. Ils sont, eux aussi, pour la mise en place d'un cours supplémentaire de français pour ceux qui veulent vraiment l'apprendre, et vous enseigner un peu d'Hindi au passage. L'un des deux pense que peu d'élèves y participeraient, pour le meilleur. Discuter avec eux ce soir était agréable, vous avez avancé dans la discussion, ils parlaient mieux anglais que dans la discussion moyenne que vous avez ici.


Après le dîner, vous allez à l'internat et apportez le Uno. Maintenant, on vous dit, c'est interdit ! Ça vous arrange, pour discuter avec les élèves ou jouer à autre chose avec eux. Vous jouez au Word game, le jeu des mots, où chacun dit un mot qui commence par la dernière lettre du mot précedent, chacun à son tour et en anglais. Contrairement au passif du Uno, pas de dispute ici, à part un prout un peu trop ciblé sur celui qui était de loin le meilleur au jeu. Vous étiez plutôt nul, vous.


Vous rentrez, faites quelques trucs par-ci par-là, écrivez, et dormez dès minuit trente, plus tard que d'habitude.