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Jour 53


Cet après-midi, vous partez dans la graande ville voir des du hockey. Des match entre des équipes nationales, entrée gratuite. Vous vous entendez très bien avec le conducteur de taxi qui vous y emmène (S).


Il semble y avoir une grande zone dans la ville qui comprend des infrastructures pour du sport à un niveau professionnel et pour plusieurs disciplines. Vous n'avez pas pu faire le tour de tout le complexe, mais vous êtes déjà passé devant une structure qui doit renfermer un stade, et une autre une piscine, avant de rentrer dans votre tribune ; qui s'est remplie au fil des matchs. Matchs que voici.


Irlande - Allemagne | Hommes

Premier match

Inde - Pays-bas | Femmes

Deuxième match

Inde - Angleterre | Hommes

Troisième match

C'est beau, le sport.



Du début à la fin, des personnes distribuent hamburgers, des sortes de pains sucrés probablement, et du popcorn.


Dans les tribunes, peu après votre arrivée et pendant le premier match, deux personnes s'asseyent à côté de vous et commence à vous parler. C'est une conversation, devenue banale pour vous, qui vous semble résumer plutôt bien ce que certains Indiens voient en vous. Un moment après vous avoir repéré, c'est dans les grandes lignes : « [De nulle part] Eh frère – ça va ? Tu apprécies le match ? Ok, super. [Blanc]. [Quelques regards entre eux]. Tu viens de quel pays ? [Ne connaît visiblement que de nom]. Qu'est-ce que tu fais ici ? Combien tu gagnes ? L'avion a dû couter cher, n'est-ce pas ? J'aimerai bien voyager, moi. Tu aurais un stage dans ton pays pour moi ? Tu pourrais m'enseigner le français, et moi je t'enseignerai l'Hindi en échange ! Les gens en France sont heureux. ». Assez frontal, oui. Par sélection, c'est souvent ceux qui parlent plus frontalement qui viennent vous voir. L'idée vous vient que, malgré l'âme généralement légère des Indiens que vous croisez, c'est rare de discuter avec légèreté à ceux qui viennent vous parler, de part votre différence apparente.


Puis, une fois votre tribune pleine, votre nouveau voisin est en études d'informatique (V). Il participe à la super ambiance dans le public. Il vous explique un peu le hockey, vous engagez une petite discussion en informatique. Très agréable. Contacts[Type: on sait jamais] +1.


Sur ses bons conseils, vous sortez de la tribune un peu avant la fin du dernier match pour choper le dernier bus qui vous arrangerait. Mais non, il a dû sauter votre arrêt. Plus de bus à cette heure-là vers l'école, alors. Certains, que vous interrogez ou qui cherchent à vous aider, vous conseillent de prendre le train pour vous rapprocher ou payer moins cher, ou vous conseillent de prendre un bus qui va dans la direction tout de même, ou alors de prendre un taxi. Vous n'avez plus assez d'argent pour 50 minutes de tuktuk pour un blanc (surtout que peu de conducteurs vont jusque-là), mais surtout, vous n'avez plus de batterie sur votre téléphone. Pas de paiement en ligne, donc.

Un Indien (R) vous joint à son trajet en auto/rickshaw/tuktuk, payant donc chacun au conducteur la moitié de la somme, soit 50 rupees chacun (sachant qu'il y a déjà 5 ou 6 personnes serrées à l'arrière), pour 20 ou 25 kilomètres de tuktuk, tout droit sur la grande route vers où vous allez. Ok, c'est déjà ça, plus que 15km environ, si votre estimation est bonne. Finir le trajet à pied devrait vous prendre 1h30, comme vous êtes chaud pour courir un peu. C'est parti, vous courez sur la route à 6 ou 8 voies, dans l'obscurité de la nuit et suivant cette grande route, alignée avec de petites routes qui y entrent et sortent, longeant des habitations ou des commerces. Vosu marchez aussi, étant facilement arrêté ou ralenti par des personnes du très-bas-côté. Un ou deux groupes de personnes vous appellent une fois puis vous laissent courir. Un groupe de trois personnes vous proposent des services en échange de votre argent. La personne qui suit, à côté d'une mini-boutique, explicite qu'elles sont transgenres et que leur travail est lié à leur pauvreté. Comme il rentre chez lui, par la chaussée dans le sens où vous marchez, il vous propose de vous rapprocher un peu plus de l'école, pour vous aider. Il vous parle de lui sur le trajet en moto et sans casque ; ce qui se fait beaucoup ici ; ce qui n'excuse pas grand-chose. Il vous dépose donc encore 4km (environ) plus près de votre destination, et vous demande de l'argent. Il avait été agréable jusqu'ici, mais à ce moment, il s'est fermé. Il était un peu mal à l'aise de demander, et de vous le demander par les sentiments. Vous lui donnez 40 rupees, ce qui fait un ou deux ou trois repas de rue. Puis vous recourez. Toujours très rapidement, un Indien en moto et avec un masque, ce qui n'aide pas pour la communication déjà approximative entre vous et les personnes d'ici, vous indique où aller pour prendre un bus. Mais aucun ne va là où vous allez, suivant les infos orales précédentes. Il vous suit à moitié, et discrètement, pour vous guider si vous ne trouvez pas l'arrêt. Puis ce doit être lui que vous voyez s'en aller en roulant. Après 5 minutes, vous arrêtez un tuktuk et il vous ramène jusqu'à l'école pour 200 rupees ; ce qui n'est pas très déconnant.


S, V et R vous ont chacun, en pair inconnu avec les autres, aidé aujoud'hui à vivre ici en Inde, avec diverses indications : les méthodes communes de paiements, les transports idéaux en fonction des cas, les applications de téléphone quasi-indispensables en Inde, et éventuellement quelques conseils plus personnalisés pour tenter de combler un peu votre ignorance générique.


Vous rentrez à l'école en un morceau à 23h et avec 31 rupees restantes. Comme vous arrivez tard, vous ne mangerez que demain, demain midi.

Globalement, la journée était stimulante. Parfois, on peut de se dire "on y va" sans se poser trop de questions.


Vous avez en tête pour demain de préparer vos sacs, pour découvrir d'autres parties de l'Inde.