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Jour 81


Ce matin, après votre petit-déjeuner semi-habituel à la cantine, vous prenez une voiture, à quatre, avec d'autres volontaires, direction la ville. Ce trajet vous a été réservé par l'association indienne.

Après 45 minutes, on vous dépose à une petite école maternelle. On vous accueille ; vous enlevez vos chaussures et entrez. Vous saluez les personnes déjà présentes et on vous fait faire le tour des salles du bâtiment.

Vous vous rasseyez dans la salle d'accueil alors que M (le patron de l'association) arrive. L'hospitalité de l'école est de qualité. De l'eau plate, un café spécifique, du thé au citron, si on veut. Des personnes très souriantes est agréables. L'école n'ouvre que demain. Les professeurs sont là. Les prochains vendredis, vous allez probablement faire des jeux avec les enfants de l'école, leur enseigner quelques mots de français, et faire de la peinture murale de votre choix pour (tenter d') embellir l'entrée. Avec les membres de l'école, vous échangez vos noms (après plusieurs répétition de tout le monde qui cherche à s'en souvenir) puis vous gardez contact via un groupe virtuel.

Les sujets, quant à ce que l'on va faire avec l'école, sont traités tranquillement, les uns après les autres, par M, qui fait l'intermédiaire (tout le monde parle anglais, mais c'est lui qui amène les idées et les opportunités). Le temps est surtout passé à faire connaissance et à passer un bon moment.




Une heure après votre arrivée, vous finissez vos boissons et vous êtes dirigé par M (ou plutôt par le taxi qu'il vous a pris), avec surprise, vers des bidonvilles. Vous arrivez dans l'un des 300 bidonvilles de cette ville.


C'est un moment qu'il n'est pas de l'ordre du laïus de décrire sur 20 pages. Ce que vous n'allez tout de même pas faire ici.


D'abord, les regards des habitants vous ont l'air sains ; du moins, moins insistants ou perturbants que ceux qu'on vous lance quand vous vous baladez généralement dans la ville ou la campagne. C'est peut-être en grande partie parce que c'est précédé d'M que vous vous faufilez.

Tout le monde est souriant. Pas de regards douteux ou méprisants. L'association semble bien accueillie ici.

Vous arrivez à une place. Des enfants commencent à vous enseigner leur panoplie de checks de la main (qui sont vraiments cools), leurs jeux (des exercices physiques surtout) et leurs danses sur leurs musiques écoutées et réécoutées. De temps en temps, on vous parle Odia, ce dont vous ne comprenez pas un mot.


Puis on vous présente l'école primaire. Quatre murs fins en béton, un toit en tôle ondulée irrégulière et incomplète, un sol sur lequel on peut mettre une bâche où asseoir les élèves, et un tableau noir, probablement avec quelques craies. Sur la mince charpente tu toit est accroché un ventilateur qui ne fonctionne plus. Vous vous retrouvez très vite à environ 20 dans cette petite pièce. Vous échangez une balle de tennis avec deux élèves, vous continuez les checks avec eux, certains enfants dansent sous les regards admiratifs ou rieurs de leurs camarades. Vous suez très vite dans cette pièce, où la chaleur s'accumule bien vite.

On vous retient avec quelques checks, puis vous vous refaufilez entre les , derrière M, jusqu'au taxi.


Dire que c'était agréable serait une atténuation. Vous sortez de ce lieu plein de bonheur, du bonheur que la communauté vous a partagé.

À la sortie, une dame semble mettre en forme un objet de poterie, travaillant sur le sol.


En y repensant, ce lieu devait être moins bruyant que la ville, qui est juste à sa sortie. C'est même comme s'il avait une atmosphère à part entière.

Vous reviendrez ici demain, pour le premier jour d'école.

Vous rentrez (sur le campus de l'école qui vous loge) et vous déjeunez.




Vous repensez à la matinée, et la gardez en tête. Elle a quelque chose de si différent, si particulier, si intéressant, si agréable.

Puis vous commencez un après-midi banal.