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Jour 2


Ce matin, vous vous réveillez tôt, après une longue nuit de sommeil.

Puis, vers 5h, vous entendez des bruits de moteurs et d'engins qui semblent travailler juste en face de votre chambre. Les klaxons et les personnes qui parlent fort ne vont pas tarder à se mêler au tranquille vacarme.



Vous continuez la mise en place de ce blog.



La langue est, comme les mathématiques, un langage créé par l'Homme.

Contrairement aux mathématiques, la langue permet des lien entre des choses très diverses, liées à nos perceptions. Elle repose sur plus de postulats que les mathématiques communes. De plus, le sens des mots varie d'une région à l'autre, d'un jour à l'autre ; un mot, en tant que tel, est donc toujours approximatif, et transmettre son sens tel qu'on le connaît nécessite soit, de connaître son interlocuteur et le sens/la représentation qu'il aura du mot, soit de le redéfinir avec d'autres mots dont on estime avoir un sens/une représentation commune.

Énoncer une vérité universelle, comme en mathématiques avec ses différentes branches, demande le plus probablement de ne pas mélanger des mots différents. Prenons "un chapeau est un chapeau". Ça ne nous fait pas beaucoup avancer de transmettre ça, mais supposons que l'on cherche à dire vrai. D'abord, ça ne nous donne aucun indice sur le sens de "chapeau" ; si quelqu'un entend ça, il pourrait penser à un autre type de chapeau, à une casquette, voire à autre chose de complètement différent comme un serpent, et être d'accord. C'est justement ce qui fait que c'est plus universellement vrai : peu importe qui l'entend, ça semble vrai. Et ça ressemble à des mathématiques. Mais encore, "être" n'est pas clairement défini, chapeau n'a peut-être pas qu'un sens en simultané. Peut-être même que ça veut exactement dire autre chose de complètement différent dans une autre langue, tel que c'est prononcé.

Heureusement, nos paroles ne retentissent pas dans tout l'univers (seulement "dans l'éternité", c.f. le film Gladiator II, et probablement c.f. un auteur latin) : notre audience est limitée. De plus, à force de nous écouter, elle s'adapte mieux à nous et voit donc plus de poids dans ce que l'on dit.

Beaucoup parler avec quelqu'un permet, dans les coulisses et au fil du temps (dormir est un superpouvoir), de s'accorder sur des définitions, voire des représentations, et d'explorer les vérités (plus ou moins vraies, générales et vagues) qui découlent de ces représentations, avec cette personne.

Réfléchir trop mathématiquement aux mots ne vous mènera qu'à des conclusion vraies, mais en nombre nul (à moins que !). Réfléchir trop approximativement aux mots vous mènera à une quasi-infinité de conclusions, mais vraies seulement en cas de chance.

Celui qui veut donner tort n'a qu'à écouter plus mathématiquement. Celui qui veut avoir raison n'a qu'à parler plus mathématiquement. Celui qui veut avoir des choses à dire n'a qu'à parler approximativement. Celui qui veut comprendre des choses dites différemment n'a qu'à écouter approximativement.



À 7h30, vous allez attendre le principal près de la cantine, comme compris la veille. Celui-ci ne s'y présente pas. Vous comprenez qu'il ne se lève pas forcément pour l'heure du déjeuner, selon les gens de la cantine.


En faisant un nouveau tour, ou plusieurs, dehors, sous le soleil levé, vous croisez des élèves, et avez des discussions avec eux. Aujourd'hui, c'est la journée de pause ! Le dimanche ! Petit à petit, vous voyez des groupes se former près des auberges (bâtiments d'internat). Les enfants jouent au badminton toute la matinée, et vous invite parfois à aller du côté du complexe pour faire du basketball, ou aller à la piscine. Vous jouez avec quelques-uns au badminton.

Rejoignant deux élèves près de la piscine, ils vous expliquent les bâtiments en brique. Dans chacun des deux, des vestiaires. Dans un des deux, une salle de musculation, et dans l'autre un salon, de jeu et détente.

Tout le monde est toujours très poli avec vous.


Vous ne comprenez toujours pas les horaires de la cantine, vous l'avez ratée ce matin. Vous y mangez ce midi.

C'est un plat épicé, qui semble typique, avec principalement du riz, mais aussi un peu d'un liquide peu dense, épicé et jaunâtre, d'un petit mélange goûtu de patates et de haricots verts, d'un autre mets, et de deux galettes de pain ; chacun servi dans un des cinq emplacement de l'assiette aluminium de cantine, lorsque c'est à votre tour de présenter votre assiette.

Pas mal d'élèves vous disent "bonjour" en français et vous demandent d'où vous venez, d'autres vous regardent seulement. Vous rencontrez le personnel de cantine.

Vous demandez si vous pouvez avoir des couverts, et on vous apporte une grande cuillère. Vous mangez la cuillère. Euh non, vous mangez avec la cuillère.

C'est épicé. Vous prenez votre temps, vous vous faites à l'épice et finissez en appréciant chaque bouchée de cette alimentation que vous découvrez.

Vous remarquez que tout le monde ici mange avec les doigts.


L'après-midi, vous continuez à trainer à l'extérieur et vous continuez la mise en place de ce blog. Vous commencez aussi à écrire "Jour 0".

Vous voyez des élèves courir sur autour de la corde posée en cercle sur le grand disque d'herbe que vous avez vu plus tôt ; ils vous disent que l circonférence fait 400m. Un stade, alors.

Vous goûtez de délicieuses petites boules de sel et poivre Himalayens, qui vous avaient été fournies dans l'avion du vol domestique indien, alors que vous n'aviez pas faim. Vous finissez très vite le paquet.

Puis vous vous couchez, à nouveau avant l'heure du dîner.